La chanson française : Les années 90

1990 : La dernière ligne droite du millénaire est devant nous. Bruel se révolte, Alors regarde et le Dis quand même. Françoise Hardy et Julien Clerc offrent Fais-moi une place. Après Les Forbans, voici Les Vagabonds qui chantent Le temps des yéyés, un peu réchauffé... Thierry Hazard fait avancer la nostalgie vers la fin des années 60 avec Le Jerk. Plus up to date, Elmer Food Beat violent à trois une Daniella pas très farouche... Feldman, de dance devient romantique avec Valses de Vienne et Petit Frank. Barbelivien en duo avec Félix Gray s'adresse A toutes les (jeunes) filles, mais seules les femmes répondent présentes ! Renaud Hantson est le héros de la nouvelle comédie musicale de Berger et Plamondon, La légende de Jimmy. La France a toujours aimé les chansons à rire. Un animateur du Club, (Vincent) Lagaff, prend la succession avec Bo le lavabo. La génération 1991 et Bruel questionnent : Qui a le droit ? et soulèvent le problème des enfants maltraités. Un jeune rappeur pratique enfin la poésie, son nom est MC Solaar. Avec Bouge de là, Victime de la mode et Caroline, Claude fait entrer le rap dans la chanson. Après quelques années discrètes, Nilda revient dans la lumière de Nos fiançailles. Un beau Méditerranéen à la peau mate aime tellement le swing qu'il nous fait passer sa passion pour Suzette : Dany Brillant va marquer les années 90. Et les Francophones dans tout ça ? Le petit Suisse Eicher ne peut plus vraiment Déjeuner en paix, tellement son succès est important avec Pas d'ami. De Cash City au Québec, nous arrive Luc de La Rochellière avec sa voix trempée dans le whisky. Goldman ne veut plus aller au front seul, il demande à son musicien Michael Jones et à sa choriste Carole Fredericks d'être 1, 2, 3 dans ses Actes manqués. William Sheller avoue être Un homme heureux, en ces temps de tension, ça fait du bien ! Le tennisman Yannick Noah enflamme les courts et les cours de récré avec Saga Africa... Les Inconnus sont les premiers à parodier le rap dans Neuilly Auteuil Passy. Elmer Food Beat tire tellement sur Le plastique, c'est fantastique, que le public lâche prise. Gainsbourg et Montand poinçonnent leurs tickets pour l'ultime Grand Boulevard. Un premier nourrisson devient la star 1992. Même si c'est Dur, dur d'être bébé pour Jordy, ce n'est rien par rapport à son futur. Les enfants sont vraiment un gros marché. La pléïade d'artistes lancés par Dorothée le prouve : Hélène, Christophe Rippert et Sébastien Roch vendent du disque. Un autre groupe tente sa chance Au p'tit bonheur avec J'veux du soleil, suivi des Négresses Vertes Sous le soleil de Bodega. On ouvre la route au raï qui débarque en France avec Khaled et son Didi. Après un album passé inaperçu il y a deux ans, Pascal Obispo marque un premier but avec Plus que tout au monde. Barbelivien a quitté Félix Gray pour Anaïs. Les mariés de Vendée et la variété française sont moribonds. La mode est aux groupes A capella : Pow Wow avec Le chat et Le lion est mort ce soir. Après quelques tournées caritatives des « Restos du cœur » et un live, « Sol en Si » se lance dans l'organisation d'une première soirée (le disque suivra dans deux ans), alors que Daho soutient l'initiative d'Urgences, un premier disque pour la lutte contre le sida. Berger rejoint son paradis immaculé. Mano Solo, le fils de Cabu, est le premier chanteur à assumer son statut de sidéen en 1993. Il reprend Padam, padam. Les reprises deviennent à la mode : Daho chante Mon manège à moi. Alain Souchon accuse la Foule sentimentale qui encourage les médias poubelles. Mitchell s'évade au Rio Grande. Fredericks-Goldman-Jones enregistrent avec les chœurs de l'Armée Rouge. Clerc redevient Utile et finit sa reconversion dans les 90 rugissants. Regg'Lys est plus direct : Mets de l'huile. Obispo rebelote avec Tu vas me manquer. L'Affaire Louis Trio se meut en Mobilis in mobile avant d'être téléportée. Patrick Fiori commence à faire parler de lui avec Mama Corsica signé François Valéry. On fête les 80 ans de Trenet à La Bastille, alors qu'Eddie Constantine et Léo Ferré s'en vont. Après le Québec, c'est la France qui, en 1994, instaure les quotas destinés à protéger la création francophone. Le rap-poésie se porte de mieux en mieux : MC Solaar s'insurge contre la violence dans La concubine de l'hémoglobine et Le nouveau western. Le rap-humour explose littéralement avec IAM qui Danse le mia et Tonton David qui est Sûr et certain que c'est Chacun sa route. Un nouveau groupe chante les plaisirs artificiels avec humour : Billy Ze Kick Mangez-moi. Cabrel s'impose à nouveau avec Samedi soir sur la terre, La corrida, Je t 'aimais, je t'aime, je t'aimerai... Pagny fait son retour avec Est-ce que tu me suis ? Gérald de Palmas mélange le blues à la variété et se met Sur la route du succès. Hantson compte un succès avec Apprendre à vivre sans toi. Bashung voit sa Petite entreprise redémarrer. Jean Sablon et Mouloudji tirent définitivement leurs révérences. Goldman travaille en 1995 pour Pagny : Si tu veux m'essayer. Lavilliers s'associe avec Jimmy Cliff pour Melody Tempo Harmony et Leforestier termine de renouveler son public avec Passer ma route. Il fallait que ça arrive ! Après le rap-chanson, voici le rap-variété avec K. Mel et Alliance Ethnik Simple et Funky, Ménélik Tout baigne... Face à cette « dérive », le rap pur et dur tient bon : NTM donne La fièvre à pas mal de mères paniquées. Obispo obtient son statut de vedette avec Tombé pour elle. C'est la disparition du roi de l'opérette, Francis Lopez. Khaled et Goldman prouvent que le raï et la chanson française peuvent co-habiter dans Aicha. Le rap-variété continue de gagner du terrain avec Doc Gynéco Viens voir le docteur. Florent Pagny joue le tout pour le tout en cumulant les reprises d'opéra, Caruso, comme de gospel, Oh Happy Day, et ça marche. Marc Lavoine, avec C'est ça la France, signe un superbe résumé clippé de notre siècle. On crée également de toutes pièces les premiers boysbands français : G. Squad, les 2 Be 3 et Alliage. Seule Partir un jour s'inscrit à jamais. C'est la mort de Fred Adison. Une deuxième génération de boysbands, plus vocale, débarque avec les Poetic Lover, Prenons notre temps... et Tribal Jam, Remind Me (Teardrops). Goldman revient en solo avec Sache que je pendant que Mitchell peint Un portrait de Norman Rockwell. Les boys bands font des petits « beau cul belle gueule » : David Charvet Should I Live ? signé Félix Gray, Allan Théo Emmène-moi. Florent Pagny leur laisse la voi(x) libre, préférant chanter Obispo dans Savoir aimer, un Pascal dont Lucie, un piano-voix dépouillé, est le plus gros succès. Le rap s'est définitivement mélangé à la chanson pour dénoncer : Passi, Je zappe et je matte et Doc Gynéco, Né ici. Après Khaled, c'est Rachid Taha qui fait danser avec Ya rayah. La production française reprend du poil de la bête : Daft Punk Around The World, Dimitri From Paris Sacrés Français et s'exporte à nouveau. Julien Clerc frise le procès à cause des seins de Sophie Marceau, Assez assez. Bashung est troublant dans La nuit je mens... Philippe Châtel relance Emilie Jolie avec Hallyday. Aimable, Georges Guétary, Jacques Canetti, David Christie et Jean Constantin disparaissent. La chanson à voix est au plus haut en 1998. Obispo les fait tous Chanter, de Pagny à Hallyday : Ce que je sais. Ce dernier Allume le feu (de Zazie) au Stade de France. Obispo est également à l'origine d'un quatrième projet de disques contre le Sida : Ensemble Sa raison d'être, mais Goldman ne compte pas lui laisser le cha(nt) entièrement libre : Les Poetic Lover avec Carole Fredericks lui assurent un minimum, Personne ne saurait. Les rappeurs prennent de plus en plus de place : NTM passe du nihilisme au conseil parental Laisse pas traîner ton fils, IAM réclame l'égalité pour les beurs Nés sous la même étoile, Stomy Bugsy hésite entre ironie et cynisme : Mon papa à moi est un gangster, Ménélik n'en finit plus de dire Bye Bye. C'est aussi l'apparition du rap-world, avec les Bretons de Manau La tribu de Dana, les Occitans de Zebda Ca va pas être possible... Un groupe plus rock dévaste les campus, Louise Attaque, car les lycéens répondent à Ton invitation. Les chanteurs de raï chantent de plus en plus en français, Faudel, avec Tellement je t'aime, rafle tout. Un salsero colombien émigré en France, Yuri Buenaventura, reprend Brel Ne me quitte pas, Fugain Une belle histoire. L'année est une hécatombe : c'est la disparition de Jean Marais, Paul Misraki, Nino Ferrer. 1999 : Une comédie musicale marque l'année : Notre-Dame de Paris est signée Plamondon-Cocciante. On y découvre Fiori en trio avec les Québécois Lavoie et Garou dans Belle. C'est aussi le retour de David Hallyday interprète avec Tu ne m'as pas laissé le temps. Compositeur pour son papa, il lui propose de Vivre pour le meilleur en trempant sa plume dans le Sang pour sang. Quant à Mitchell, il met sa poutre dans Ton homme de paille. Souchon lui se cache Sous les jupes des filles, alors que Cabrel impose Presque rien, Le reste du temps. Vive l'Occitanie : Zebda laisse Tomber la chemise pendant que Louise Attaque, poids lourd rock, se retrouve face au challenger Matmatah qui aime Emma. Le rap se dilue dans la chanson : Manau a capté que leur Avenir est un long passé. K. Mel d'Alliance Ethnik et Cheb Mami investissent la banlieue des Parisiens du Nord et 113 deviennent Les princes de la ville... Le reggae fait son grand come-back en magasins avec Pierpoljak, Je sais pas jouer. Les covers pleuvent, même Pagny s'y met avec Jolie môme. Images et Emile de Gold remettent le couvert en salade de mesclun. Banco ! Bruel redevient Patriiiick : la vérité si J'te mentirai ! Stéphane Sirkis d'Indochine nous quitte. Durant l'été, c'est le premier « Solidays », un festival pour lutter contre le Sida. Calogero travaille sur Les Dix commandements avec Obispo - plus timide avec l'important c'est d'aimer - et va Prendre l'air en dissolvant les Charts. M. fait beaucoup de bruit pour rien avec Je dis aime. Quant à Omar Chakil, est-il Victimes du temps ou du manque de variété ? Le son français électronique s'exporte toujours plus avec Stardust Music Sounds Better, Alex Gopher...

Dossier réalisé par francia.org.mx



Ftpk.net © 2002-2007 - Tous droits réservés