Musik : Deux approches de l'affaire Cantat

Musik Dimanche, M6 et TF1 ont diffusé une enquête sur la mort de Marie Trintignant et plus particulièrement sur le personnage de Bertrand Cantat, du groupe de rock Noir Désir.

M 6, 22 h 50/« Secrets d'actualité ». Pour qui aurait tout ignoré de la mort de Marie Trintignant, l'enquête diffusée hier soir dans le magazine de Laurent Delahousse s'est révélée assez claire et minutieuse pour se forger une opinion. En trente-six minutes, ce rappel des faits minutieux laissait le téléspectateur dans la peau d'un juré d'assise. La réalisation très graphique, à base de surimpressions et d'écrans découpés, de photos de presse et de séquences vidéo étirées par le ralenti, compensait l'absence d'images inédites. Relancé par des interviews (les deux avocats, des journalistes), le montage restait toujours (voire la photo floutée du visage tuméfié de la victime). Dans ce travail de précision, les interventions de Lio, qui fut très proche de l'actrice, tranchaient par leur parti pris : la chanteuse s'affirmait convaincue de la nature violente de Bertrand Cantat. Une position réaffirmée ensuite sur le plateau de l'émission, où elle évoquait à deux reprises son propre passé de femme battue. Supposé rétablir l'équilibre, l'entretien avec Kristina Rady, la femme du chanteur, filmé chez elle la semaine passée, déroutait par sa mise en scène : trop bien éclairé, cadré et sonorisé, il semblait extrait d'un téléfilm. Difficile d'y croire. Malaise qu'accentuait le débat final entre les trois invitées, passionné, subjectif, partial. A minuit cinq, on restait sur un manque : le magazine de M 6 avait buté sur la personnalité de Cantat, comme s'il avait craint de justifier l'injustifiable.



TF 1, 23 h 5/« Le Droit de savoir ». Des titres chocs : « Meurtre ou accident ? Un couple ivre ou drogué ? Cantat récidiviste ? » Des images à sensations : reconstitution de la chute sur le radiateur, gros plan sur les bagues de Cantat... Charles Villeneuve avait choisi hier soir de traiter l'affaire Trintignant-Cantat comme un fait divers, et rien qu'un fait divers. Décortiquant de façon méthodique les questions soulevées par la tragédie, « le Droit de savoir » a croisé de multiples témoignages : avocats, amis, médecins. Face à la caméra, la maquilleuse du film « Colette » a soutenu que l'ex-femme de Cantat lui avait décrit son mari comme « violent avec toutes les femmes qu'il a aimées ». Ce que nie aujourd'hui Kristina Rady. Olivier Metzner, l'avocat du chanteur, a affirmé que Marie Trintignant avait « vociféré des mots désagréables » la nuit du drame. Ce que conteste son rival Georges Kiejman. Joint par téléphone, Andreus, l'ami lituanien chez qui les deux amants étaient allés boire un verre, « dépeint un Bertrand querelleur et une Marie passive ». En fin d'émission, quelques extraits de la dernière interview d'un Cantat « décontracté et heureux », qui évoque pudiquement son « amour », plus fort que la musique. Puis cette image furtive du mur de la cellule qu'il a occupée à Vilnius, avec cette inscription : « Marie, je t'aime ».



Philippe Lemaire et Thierry Dague
Pour "Le Parisien", lundi 15 septembre 2003
Article de notre partenaire Charts in France

Par Charts in France.net, le 15/09/2003 16:43

Vos réactions sur cet article

  • 16/09/2003 - 00:01 : Elle court, elle court, la rumeur...On ne peut s'officialiser juge ou partie dans une affaire qui fait couler autant l'encre que les euros!
    Les médias s'emparent de la nature passionnée de Marie Trintignant et de Bertrand Cantat, mélangeant vie privée, sensationnel, gros sous, sentiments et drame et font d'un fait divers (parce que s'il s'agissait du couple Tartanpion habitant Trifouillis-les-Oies, cela n'alimenterait que la rubrique "faits divers" du quotidien local) un dérivatif qui renflouera les caisses pendant plusieurs mois et ceci à grand renfort de pseudos proches, et de Marie, et de Bertrand, telle Lio, sensiblement au creux de la vague, subrepticement "grande gueule", qui forte de son expérience de femme battue, fera pencher la balance pour certains et telle l'ex-compagne de Bertrand Cantat, qui forte de son "expérience" d'épouse trompée, mais admirable, tente de sortir Bertrand de la réputation de paumé violent que certains lui associent.
    Un drame parmi tant d'autres...C'est une triste réalité. Personne n'a le droit d'attenter à la vie d'autrui, quelqu'en soit les motivations préméditées ou pas. Je plains simplement aujourd'hui les 2 familles qui doivent vivre avec un tel drame et de tels souvenirs.
  • 12/10/2003 - 00:23 : je partage tout à fait votre avis et me garderai bien d'émettre un quelconque jugment sur les protagonistes de cette tragédie. Je pense seulement à la peine des familles et j'ai une pensée triste pour Bertrand qui, d'une ceratine façon, a aussi cessé de vivre le jour du drame.
  • 25/10/2003 - 01:24 : Je ne partage pas votre avis en ce qui concerne Bertrand Cantat: si sa vie ne suit plus son cours tranquille, il ne peut s'en prendre qu'à lui même. Le plaindre d'être en prison??? Et puis quoi encore??? Il respire, il vit, il mange, il dort...et songe sans doute à regagner le domicile conjugal pour s'attirer un témoignage positif de son épouse! Que reste-t-il de Marie Trintignant? Un vague souvenir! Je dis NON! Il y a le gachis d'une vie pour commencer, il y a une violence inadmissible, un acte si condamnable que les mots me manquent. Surtout il y a quatre enfants qui ont perdu une mère qui les aimait tendrement et qui ne sera pas là pour les voir grandir et s'épanouir... Ne plaignez pas monsieur Cantat, il n'est pas mort pour sa famille!... Et quand bien même le serait-il, il en serait le seul responsable!!!

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